Auguste

La paix Romaine:
Il existait à Rome un temple dédié au dieu Janus. Celui-ci était représenté avec deux visages, l'un regardant devant lui, l'autre derrière. Protecteur de la vie et de l'année nouvelle, il a donné son nom au premier mois de l'année ( janvier, Januarius en latin). Il était aussi le gardien de la guerre et de la paix. Symboliquement, les portes de son temple étaient fermées en temps de paix et ouvertes en temps de guerre. Elles furent donc fermées après la célébration du triomphe d'Octave. Ce dernier gouverna pendant plus de 40 ans ( de 27 av. JC. à 14 ap JC). Le Sénat lui décerna le titre de Princeps ( prince) lui donnant le droit d'intervenir dans n'importe quelle affaire traitée par le Sénat, et lui accorda même le privilège de parler en premier. L'avis d'Octave était ainsi toujours décisif. Il reçut également le titre d'Auguste, terme religieux qui soulignait le caractère divin de sa fonction et que devaient reprendre, à sa suite, tous les empereurs romains. Durant ces années, les guerres se déroulèrent dans les régions lointaines de l'empire pour renforcer ses frontières, plutôt que pour les étendre. Dans les provinces, le règne d'Augute fut marqué par un climat de sécurité sans précédent, qui acheva de rallier à Rome et à l'empereur les peuples conquis. En Italie, après les années sanglantes des guerres civiles, on avait l'impression de vivre un âge d'or. On disait avec satisfaction, à cette époque, que la paix romaine, la Pax Romana, régnait dans le monde. Le peuple pouvait enfin reprendre son souffle.Des fêtes à volonté. Les Romains ont toujours aimé les fêtes. Même au temps austères de la Répubilque, l'année comprenait une centaine de jours fériés. L'origine de ces fêtes était généralement religieuse. Certaines se transformaient en joyeux chahuts. La plus attendue était  la fête des saturnales, célébrée, du 17 au 23 décembre, en l'honneur du dieu Saturne. Les romains racontaient que, à l'époque très lointaine de son règne, les hommes avaient connu le paradis sur terre. A l'occasion des saturnales, ils essayaient de faire revivre cet ” âge d'or”. Après les sacrifices rituels, toutes les libertés étaient permises en matière de divertissements. C'était la seule occasion de l'année ou la division entre maîtres et esclaves n'existait plus: on allait même jusqu'à inverser les rôles, les maîtres servant les esclaves et obéissant à leurs ordres. Il y avait ainsi tant de fêtes qu'en début de chaque mois le grand prêtre convoquait la population pour lui annoncer celles qui seraient célébrées durant les trente jours suivants. Cette ” proclamation” était appelée Calata; c'est là l'origine du mot calendes donné aux premiers jours du mois et dont est issu le terme (”calendrier”. à suivre Jeux sportifs et jeux cruels. pas de photo
49ec9918.gif
mamietitine overblog.fr



La cigale et la fourmi

La cigale ayant chanté
tout l'été,
Se trouva fot dépourvue
quand la bise fut venue
Pas un seul petit morceau
De mouche ou de vermisseau:
Elle alla crier famine
Chez la fourmi, sa voisine,
La priant de lui prêter
Quelque grain pour subsister
Jusqu'à la saison nouvelle.
Je vous paierai, lui dit-elle,
Avant l'oût, foi d'animal,
Intérêt et principal.
La fourmi n'est pas prêteuse,
C'est là son moindre défaut.
Que faisiez-vous au temps chaud?
Dit-elle à cette emprunteuse.
Nuit et jour à tout venant
Je chantais, ne vous déplaise.
Vous chantiez, j'en suis fort aise!
Eh bien! dansez maintenant.
Cette fable est imitée d'Esope; avant la Fontaine,

Ba¨f avait dit:
Tout l'esté chanta la cigale,
Et l'hyver elle eut la faim vale(fort)
Demande à manger au fourmi:
Que fais-tu tout l'esté,- je chante
Il est hyver; dance, fainéante.
Appen des bestes, mon ami.
(Moeurs et enseignements)
Temps de lamoisson, ainsi appelé du mois d'août,
qui est celui de la récolte.
C'est à dire que le défaut d'être prêteuse est celui qu'elle a
le moins. La phrase est ironique, et dire que la fourmi n'a pas
de ce défaut, revient à dire qu'elle n'a pas cette qualité.
La réponse de la fourmi est dure, et ne doit pas être prise
pour modèle; mais la cigale mérite ce qui lui arrive, et c'est là
toute la moralité de cette fable. La Fontaine veut nous prémunir
contre la paresse et l'imprévoyance en nous montrant quelles
en sont les suites funestes.

Fable de Jean de la Fontaine.
tulipenoire1.jpg



L’invincible Armada

Il y a quatre siècles, deux flottent s'affrontèrent en eaux anglaises, dans l'étroit passage de la Manche. Cette bataille opposait protestants et catholiques; elle s'inscrivait dans la lutte qui eut lieu au 16 è siècle entre les armées de la reine protestante Elisabeth 1re d'Angleterre et celles du roi catholique Philippe 2 d'Espagne. ” A leurs yeux, le choc entre les flottent anglaises et espagnoles en mer du Nord marquait une lutte finale, une lutte mortelle entre les forces de la lumière et celles de l'obscurantisme”, explique l'Epopée de l'Invincible Armada. G . Mattingly.Les observateurs anglais de l'époque décrivirent l'Invincible Armada, la grande flotte espagnole, comme, ” la plus importante force navale qu'ils aient jamais vue en mer”. Mais l'expédition qu'elle mena s'avéra une erreur tragique, surtout pour les milliers qui n'en revinrent jamais. Depuis des années des corsaires anglais pillent les navires espagnols, et la reine Elisabeth d'Angleterre soutient la rébellion Hollandaise contre la couronne d'Espagne. Par ailleurs, Philippe 2 se sent dans l'obligation d'aider les catholiques anglais à débarrasser leur pays de l' “hérésie” protestante qui s'étend. A cette fin, l'Armada transporte 180 prêtres et des religieux. Au moment ou les équipages se rassemblent, chaque homme doit confesser ses péchés à un prêtre et recevoir la communion. L'humeur religieuse de l'Espagne et de son roi est incarnée en l'éminent jésuite Pedro de Ribadeneyra, qui déclare: ” dieu notre seigneur, dont nous défendons la cause et la très sainte foi, ira en avant de nous- et avec un tel capitaine, nous n'avons rien à craindre.” Les Anglais, quand à eux, espèrent qu'une victoire décisive favorisera la propagation des idées protestantes en Europe.Les 130 navires, 20 000 soldats et 8000 marins qui constituent l'Armada quittent le port de Lisbonne le 29 mai 1588. Les deux forces navales se combattent par escarmouches tout le long de la Manche et s'affrontent lors de deux batailles mineures. La formation défensive espagnole s'avère efficace: les tirs anglais à longue distance ne parviennent à couler aucun navire ibérique. Les capitaines anglais concluent qu'ils doivent trouver un moyen de rompre la formation et de se rapprocher. L'occasion se présente le 7 aout. Le duc de Medina Sidonia mène l'Armada à son rendez-vous avec le duc de Parme et se troupes. Tandis qu'il attend des nouvelles du duc de Parme, il commande à la flotte de jeter l'ancre en face de Calais, sue la côte française. Les Anglais envoient sur les vaisseaux espagnols ancrés et donc vulnérables huit bateaux chargés de combustibles, auxquels ils mettent le feu. Paniqués, les capitaines espagnols, pour la plupart, se dispersent. Puis la force du vent et du courant les emporte vers le Nord. Le lendemain à l'aube a lieu la bataille finale. La flotte anglaise fait feu à courte distance sur les navires ibériques; au moins trois sont détruits et bien d'autres endommagés. Pauvres en munitions, les espagnols ne peuvent que subir l'assaut, impuissants. Une tempête violente contraint les anglais à interrompre l'offensive jusqu'au jour suivant. Ce matin-là, reformée en croissant mais à court de munitions, l'Armada se tourne vers l'ennemi et se prépare à combattre. Avant que les anglais n'ouvrent le feu, un vent latéral et les courants l'entraînent droit à la catastrophe, au large des côtes néerlandaises, sur les bancs de sable de la Zélande. Quand tout semble perdu, le vent change de direction et libère l'Armada en la poussant au Nord, vers le large. Mais, le chemin du retour vers Calais est barré par la flotte anglaise, et le vent continue de faire dériver les navires espagnols. Le duc de Medina Sidonia n'a guère d'autre choix que d'annuler la mission et de sauver autant de bateaux et d'hommes que possible. Il décide de regagner l'Espagne en contournant l'Ecosse et l'Irlande. Tempêtes et naufrages. La route du retour de l'Armada est éreintante. Il y a pénurie de nourriture et, en raison de fuites sur les tonneaux, pénurie d'eau. Arrivé près des côtes du Nord-Ouest de l'Irlande, l'Armada affronte une tempête furieuse qui dure deux semaines. Certains bateaux disparaissent sans laisser de traces! D'autres font naufrage devant les côtes Irlandaises. Finalement le 23 septembre, les premiers navires  de l'Armada entrent, disloqués, à Santander, dans le nord de l'Espagne. Seulement une soixantaine de bateaux et la moitié des hommes partis de Lisbonne revoient les rivages espagnols. Des milliers sont morts noyés. d'autres ont succombé à leurs blessures ou à la maladie sur le chemin du retour. Et pour les survivants, même s'ils atteignent la côte, l'épreuve n'est pas terminée.
290pxloutherbourgspanisharmada.jpg
tableau de Philippe-Jacques de loutherbourg 1798



La fortune et le jeune enfant

Sur le bord d'un puits très profond
Dormait, étendu de son long,
Un enfant alors dans ses classes.
Tout est aux écoliers couchette et matelas.
Un honnête homme, en pareil cas,
Aurait fait un saut de vingt brasses.
Près de là tout heureusement
La fortune passa, l'éveilla doucement,
Lui disant: Mon mignon, je vous sauve la vie;
Soyez une autre fois plus sage, je vous prie.
Si vous fussiez tombé, l'on s'en fût pris à moi;
Cependant c'était votre faute.
Je vous demande, une bonne foi,
Si cette imprudence si haute
Provient de mon caprice. Elle part à ces mots.
Pour moi, j'approuve son propos.
Il n'arrive rien dans le monde
Qu'il ne faille qu'elle en réponde:
Nous la faisons de tous écots;
Elle est prise à garant de toutes aventures.
Est-on sot, étourdi, prend-on mal ses mesures.
On pense en être quitte en accusant son sort:
Bref. La fortune a toujours tort.
(
Jean de la Fontaine.
(La Fontaine n'aimait pas l'enfance.)
downloadhtml.jpg



Le loup, la mère et l’enfant

Jean de la Fontaine
Ce loup me remet en mémoire
Un de ses compagnons qui fut encor mieux pris:
Il y périt. Voici l' histoire:
Un villageois avait à l'écart son logis.
Messer loup attendait chape-chute à la porte:
Il avait vu sortir gibier de toute sorte,
Veaux de lait, agneaux et brebis,
Régiments de dindons, enfin bonne provende.
Le larron commençait pourtant à s'ennuyer.
Il entend un enfant crier:
La mère aussitôt le gourmande,

Le menace, s'il ne se tait,
De le donner au loup. L'animal se teint  prêt,
Remerciant les dieux d'une telle aventure,
Quand la mère, apaisant sa chère géniture,
Lui dit: Ne criez point; s'il vient nous le tuerons.
Qu'est ceci? s'écria le mangeur de moutons:
Dire d'un, puis d'un autre! Est-ainsi que l'on traite
Les gens faits comme moi? Me prend-on pour un sot?
Que quelque jour ce beau marmot
Vienne au bois cueillir la noisette…
Comme il disait ces mots, on sort de la maison:
Un chien de cour l'arrête: épieux et fourches-fières
L'ajustent de toutes manières.
Que veniez-vous chercher en ces lieux? lui dit-on.
Aussitôt il conta l'affaire.
Merci de moi! lui dit la mère;
Tu mangeras mon fils! L'ai-je fait à dessin
Qu'il assouvisse un jour ta faim?
On assomma la pauvre bête.
Un manant lui coupa le pied droit et la tête:
Le seigneur du village à sa porte les mit;
Et ce dicton picard à l'entour fut écrit:
Biaux chires loups, n'écoutez mie
Mère tenchent chen fieux qui crit.
( Beaux sires loups, n'écoutez pas mère tançant ( grondant) son fils qui crie.
Chape-chute ou chape= ( riche vêtement écclésiastique)

tncoeurhortensiafei.jpg